LES EAUX VIVES

carte Fleuves, rivières et torrents nervurent la Corse comme une feuille de châtaignier.

Au fil de l'eau s'aménagent de délicieuses plages et s'égrènent quelques jolies pages d'histoire.

On raconte qu'autrefois la Corse, lorsqu'elle se trouva seule perdue au milieu de la Méditerranée, eut peur de sa solitude et se mit à pleurer. Ses larmes, qui ruisselaient au flanc de ses montagnes, donnèrent naissance à trois fleuves principaux que les Corses appelèrent le Golo, le Tavignano et le Liamone.

Vue du ciel, la Corse paraît nervurée comme une feuille de châtaignier, irriguée comme un cœur. De grand lacets d'eau découpent le paysage qui connaît, contrairement à ce que l'on imagine souvent, toutes les tendresses et les douceurs du vert.

La Corse est presque une île verte naviguant sur une mer bleue. Le soleil de l'été ne doit pas cacher une richesse en eau dont témoignent l'abondance des mousses, la densité des forêts, le nombre incalculable de ses fontaines, de ses nymphées, de ses grottes, lacs, étangs, sources, torrents, cascades, rivières, "fiumi".

On oublie souvent que pendant très longtemps la Corse a transporté de l'eau par bateaux entiers à destination de la Sardaigne et des îles voisines.

Aujourd'hui on sait que sur les huit milliards de mètres cubes d'eau que le ciel donne à l'île chaque année, environ deux milliards sont collectés par les cours d'eau insulaires qui se comptent par centaines.

parmi ceux-ci, une vingtaine, ceux que l'on appelle les "fiumi", les << fleuves >>, délimitent de véritables régions. Ils divisent la Corse en vallées qui, sans les ponts, seraient autant d'îles dans l'île. Ici ou là, on n'est plus dans la Haute-Corse ou dans la Corse-du-Sud, mais dans la vallée du Taravo, de la Gravone, du Prunelli, du Rizzanèse ou du Liamone.

Chaque fleuve imprime ses caractères à la vallée ; chaque vallée possède des particularités qui sont celles de son << fleuve >>. Les gens du Tavignano n'ont pas la même histoire que ceux du Fium Orleo, et même les gens de l'Asco peuvent se sentir différents de ceux de la Tartagine. Ce n'est pas pour rien que Napoléon donna aux deux départements de la Corse des noms de fleuve : le Golo et le Liamone.


riviere

Mais si l'histoire les sépare, les rivières sont unies par leur beauté et toutes les joies qu'elles procurent le long de leurs 4 000 kilomètres de rives. Aucun des 5 000 pêcheurs officiels de l'île ne revient sans ses truites fario ou arc-en-ciel ; parfois l'un de ces sportifs vous proposera de déguster sur place quelques prises à la mode corse.



Un feu de bois très vif, allumé sur des galets au milieu du torrent, chauffe une ardoise à blanc. Le pêcheur y pose les truites toutes fraîches et les arrose d'huile d'olive. Quelques minutes plus tard vous savourez des poissons qui vous laisseront un souvenir inoubliable.


Mais la pêche n'est pas le seul sport de la rivière. La qualité des eaux, classées le plus souvent dans la catégorie 1 a (95% des cours d'eau insulaires contre 18% sur le continent), en fait un lieu privilégié pour la baignade en eau douce. Les petites plages de sable, de galets ou de rochers qui s'étendent le long de ses rives attirent également les naturistes.

La Solenzara est un rêve musical et poétique pour les amateurs de fraîcheur, de nature, de forêt et de baignade.

L'eau c'est aussi le thermalisme, Orezza est l'une des sources ferrugineuses les plus connues.

Depuis les années 1970, on pratique sur une trentaine de cours d'eau canoë-kayak, rafting, canyoning, hydrospeed...

D'après un texte de Jean-Marie Homet : Corse - trésors de l'île nature - Milan Presse